
Madame Cécile QUANTIN a rejoint la maison du Père le jeudi 26 avril 2018 à l'âge de 89 ans (France).

L'Association Humanitaire et Caritative Prev'Act tenait à rendre hommage à la maman de Pierre, notre Chargé du Pôle Humanitaire Madagascar. A cette grande dame qui n'a cessé d'animer et d'inspirer son fils aîné depuis l'enfance et qui est devenu, à l'âge adulte, un missionnaire engagé. A une maman qui a toujours su garder son âme d'enfant.

Elle était connue de tout le quartier d'Ambositrana, entre autres, à Sambava où son perpétuel sourire et sa gentillesse la rendaient accessibles à toutes et à tous.

Sa petite maison en bois sur pilotis était, à plus d'un titre, un véritable lieu d'accueil où l'on mettait les petits plats dans les grands. Elle avait la main verte et le jardinage était une véritable passion, entretenue depuis sa prime jeunesse. De ce terrain nu elle avait fait un jardin d'eden où les enfants du quartier aimaient venir jouer des journées entières. La notion de partage a toujours été une articulation essentielle dans l'existence de Mme QUANTIN. Elle avait été jusqu'à donner le nom d'une de ses petites filles à sa maison tant l'amour pour sa famille était omniprésent.

A plus de 80 ans ! Elle demeurait encore et toujours une dame perpétuellement en marche, dans la visitation à toutes les communautés et dans le respect de celles-ci jusqu'à sa manière de s'habiller pour se présenter à elles.

Tout était prétexte à des repas conviviaux au profit de la population, dans son jardin.

Son amour pour son pays ... Inaltérable à jamais !

Elle aimait accueillir les Français de passage, elle qui avait été mariée à un gendarme Français qu'elle avait connu lorsqu'elle était gérante d'un hôtel/restaurant à Madagascar où son futur époux venait y manger régulièrement, célibataire endurci. Le futur papa de notre Chargé du Pôle Humanitaire.

Elle a toujours été disponible pour accueillir son fils, à chacune de ses missions humanitaires. Une maman prévenante et de bon conseil en tout. Là tenant son petit fils François, l'enfant de sa belle-fille Chinoise/Malgache, à l'aéroport de Sambava.

Elle avait la main verte tant dans sa maison à Madagascar qu'en France. Cet amour de la nature et de la terre a été, dans sa transmission, un socle pour ses enfants. Elle n'a cessé de donner vie aux choses.

Mme QUANTIN était une grande fervente et elle n'avait cessé de faire oeuvre de charité elle qui déjà, dans sa jeunesse, soignait les lépreux à Madagascar. Monseigneur Benjamin RAMAROSON, Evêque de Diego Suarez, lui avait témoigné jadis toute son affection.

Outre les villageois, elle soutenait aussi les prêtres, les religieuses et les missionnaires avec les moyens qui étaient les siens.

Avec Monseigneur Michel MALO, son cousin, ancien Evêque de Diego Suarez. Dans une affection réciproque.

La communauté Chinoise soutenait pleinement Mme QUANTIN, qui faisait partie intégrante de ces familles.

Elle sera à jamais associée à la beauté environnementale ! Tant les graines, entre ses mains, reprenaient vie !

Ses retours en France étaient un véritable déchirement pour toutes celles et tous ceux qui l'aimaient.

Elle s'émerveillait de tout ! Et son amour inconditionnel pour les photos tenait au fait qu'elle avait vu partir, jeune, ses frères qu'elle aimait tant et tant sans pouvoir avoir de souvenir visuel d'eux.

Elle était de tous les chantiers de son fils missionnaire. Et bien qu'houspillant souvent en vers ce dernier, exigeante en tous points, il n'en demeurait pas moins, à n'en pas douter, entre ces deux là ... un lien très fort !

Ses petits enfants gardent d'elle le souvenir d'une mamie affectueuse, attentionnée et toujours élégante tant dans la conduite que dans la tenue. Une nonagénaire qui a frappé les esprits à plus d'un titre. Une longévité dûe à la passion en toutes choses et à l'amour des autres.

Elle était fidèle en amitié et ne manquait jamais de visiter les anciens.

Son fils aîné l'associait à toutes ses missions humanitaires. Elle allait jusqu'à accueillir les bénévoles Français.

Elle s'était improvisée traductrice et guide pour une jeune fille ingénieur Suisse qui l'avait adoptée comme sa mamie.

Hommage à Mme Cécile QUANTIN, symbole de la créolité Malgache, témoin intarissable des chemins de l'intégration en France profonde, gardienne déracinée de sa grande île mais toujours digne, parée de ses valeurs ancestrales de partage, nourricière et voyageuse, sage et fantaisiste ; une âme élégante au coeur coloré de l'enfance, une dame qui nous demeure éternellement présente, déracinée mais profondément vivace et nourricière. (Lydie)


A 81 ans ! Elle créait encore des jardins complets chez les autres, sous un soleil de plomb.

Au souvenir des anciens.

Avec son fils missionnaire, la nounou, la tante et le fils de ce dernier.

L'un des pics de toutes ces missions, l'église St Joseph au village d'Anamborano (plus de 200 m2) rebâtie avec l'aide exclusif de nos frères prêtres à l'Ile de la Réunion. Madame Quantin ne voulait pas quitter ce monde sans voir celle-ci reconstruite et son voeu avait été exaucé. Une église d'ailleurs à laquelle la grand-mère maternelle de Pierre, Marie-Antoinette, était très attachée, une grande dévote.

Elle avait eu l'honneur d'inaugurer "officiellement" l'église en coupant le ruban.

Là au milieu des villageois, la joie avait été intense.
