
Sahowmi notre bénévole est invitée à goûter la viande qui a été donnée puis cuisinée par des mamies Réunionnaises qui sont de véritables cordons bleus. La joie demeure dans ces modestes famille à chacun de nos passages.

C'est à la fois Noël et jour de l'an tout au long de l'année grâce à la générosité des commerçants.

Quelle belle surprise en passant de cuisine en cuisine où nous avons tout goûté !!! Avec cette générosité qui caractérise les familles Réunionnaises les plus humbles. Qui peut le moins, peut le plus.

La démobilisation des uns et des autres, cela jette un "froid" dans le dos ! Tandis que les missionnaires jettent un froid dans le frigo.

Alors lorsque vous arrivez, entre autres, avec des kilos de poulet pays dans ces familles visitées ! C'est une grande part d'émotion de part et d'autre.

Il y a des visites que l'on attendait plus ! Avec une certaine forme de résignation.

Lorsque les enfants accourent en cuisine, dans la perspective d'un déjeuner copieux et inattendu !

Et ces familles qui tiennent absolument à nous donner un petit quelque chose de leur jardin avant de reprendre la route missionnaire. Comment refuser ce qui vient du coeur ?

Comme nous aimons rentrer dans ces lieux remplis de vie où le seul désordre réside dans le coeur des indifférents.

Dans les abats entiers de porc, il y avait une partie que la jeune maman ne savait pas comment préparer. Alors nous lui avons dit de le préparer comme un cari soulard.

Notre aîné a tenu à nous offrir des épices ! Il était encore tout ému devant cette aide alimentaire qui lui permettrait de tenir une partie du mois.

Pas de chance au grattons au PMU ! Mais un peu plus de bonheur aux grattons (rougail) que nous avons donnés.

A ce bel état d'esprit Franciscain ! Qui nous fait rentrer dans ces maisons comme dans des cathédrales.

Les boudins (du fer pour les enfants !), les andouillettes viendront agrémenter les brèdes au quotidien.

Cet aîné visité nous avait donné du romarin en grande quantité pour nous remercier ! Nous avons aussitôt distribuer, encore et encore, à des familles modestes résidant en ville. Le paradis n'est pas sur terre mais il y en a des morceaux. (Jules Renard)

Devant ce tas de bois où on veut nous donner là aussi quelques morceaux pour que nous puissions faire notre cuisine traditionnelle de retour à la maison, comment ne pas déboucher une bonne petite bouteille ! A consommer avec modération. Il n'y a rien de plus beau que ces instants de partage sous un ciel parfois sans nuage. Merci à Jean-Yves, Romain, David et à tous ces grands patrons pour le bien qu'ils nous font faire. Fraternellement !

Nous livrons bénévolement sur différentes communes de l'île et nous parcourons pour cela de longues distances, sur des chemins parfois difficiles d'accès. De ce fait le conditionnement fraîcheur est primordial là où nous effectuons une distribution "express" dans les deux heures qui suivent l'enlèvement.

Nous pénétrons dans des jardins où la nature a repris ses droits tant les pas, "absents", n'ont pas pu modérer une verdure désormais dominante. Même les chiens remuent la queue en voyant le visiteur inopiné.

Là c'était une mère de famille qui, au 5 du mois, nous montrait son réfrigérateur vide ! Ses mains tremblaient encore lors du rangement de toute la viande offerte. Une belle surprise à venir au retour des enfants de l'école, entre autres.

Les saucisses fumées étaient ressenties jusqu'au grand-père pourtant assis sagement sur la véranda, la canne battant la mesure d'un bonheur soudain.

Nous poussons tout avec audace pour découvrir ces vies recluses, frappées d'absence !

La bouteille de gaz relève d'un lointain souvenir, celle-ci devenue trop cher !

Alors on en revient à l'essentiel, les petits branchages ramassés par ci et par là, beaucoup moins coûteux.

Qu'importe la coupure d'électricité, dans tous les cas la viande sera cuisinée dans l'heure.

Ces modestes familles n'ont strictement rien à envier aux restaurants du Guide Michelin. Il y a là, dans ces petites cases, des trésors d'imagination propres à faire fondre toutes les papilles ; même les plus récalcitrantes, lors de la visualisation de la cuisson au feu de bois

Nous entendons un récital exceptionnel ! Le chant des gamelles !

Les heureux bénéficiaires nous invitent systématiquement à nous saisir des couverts ! Il n'y a jamais deux goûts identiques tant le coup de main relève de l'émotion culinaire dans chaque famille. Nous déclinons souvent la mise à table car la route est longue et les familles nous attendent avec une certaine impatience. Nous devons même parfois fermer la voiture pour prévenir les risques de dépôt d'oeufs, de grains secs, de légumes etc ... mis subrepticement dans l'automobile par tous ces braves gens qui veulent nous remercier.

Mieux que la TV et l'ordinateur ! Le foyer de cuisson et les conversations qui s'en suivent.

"De même que la valeur de la vie n'est pas en sa surface mais dans ses profondeurs, les choses vues ne sont pas dans leur écorce mais dans leur noyau, et les hommes ne sont pas dans leur visage mais dans leur cœur."

Que fais-tu grand-père, assis là, dehors, tout seul ? »
Eh bien, vois-tu, j’apprends. J’apprends le petit, le minuscule, l’infini. J’apprends les os qui craquent, le regard qui se détourne. J’apprends à être transparent, à regarder au lieu d’être regardé. J’apprends le goût de l’instant quand mes mains tremblent, la précipitation du coeur qui bat trop vite. J’apprends à marcher doucement, à bouger dans des limites plus étroites qu’avant et à y trouver un espace plus vaste que le ciel.
«Comment est-ce que tu apprends tout cela grand-père ? »
J’apprends avec les arbres, et avec les oiseaux, j’apprends avec les nuages. J’apprends à rester en place, et à vivre dans le silence. J’apprends à garder les yeux ouverts et à écouter le vent, j’apprends la patience et aussi l’ennui ; j’apprends que la tristesse du coeur est un nuage, et nuage aussi le plaisir; j’apprends à passer sans laisser de traces, à perdre sans retenir et à recommencer sans me lasser.
« Grand-père, je ne comprends pas, pourquoi apprendre tout ça ? »
Parce qu’il me faut apprendre à regarder les os de mon visage et les veines de mes mains, à accepter la douleur de mon corps, le souffle des nuits et le goût précieux de chaque journée ; parce qu’avec l’élan de la vague et le long retrait des marées, j’apprends à voir du bout des doigts et à écouter avec les yeux. J’apprends qu’il faut aimer, que le bonheur des autres est notre propre bonheur, que leurs yeux reflètent dans nos yeux et leurs coeurs dans nos coeurs. J’apprends qu’on avance mieux en se donnant la main, que même un corps immobile danse quand le coeur est tranquille. Que la route est sans fin, et pourtant toujours exactement là.
« Et avec tout ça, pour finir, qu’apprends-tu donc grand-père ? »
J’apprends dit le grand-père, j’apprends à être vieux !